Ramadan et la grossesse

Dans la vie d’un musulman, le mois de Ramadan, qui correspond à un mois de jeûne, occupe une place à part. Le principe de ce mois si particulier est de se purifier le corps et l’esprit pour se rapprocher de Dieu, mais aussi de pouvoir partager la situation des déshérités et nécessiteux. Loin d’être une contrainte, c’est une période de fête. Plus ou moins bien vécu selon les personnes, le jeûne peut être difficile à envisager pour les femmes enceintes.

Jeûner pendant la grossesse : quels sont les risques ?

En dehors des patientes qui ont une maladie chronique nécessitant une alimentation équilibrée, le jeûne ne présente aucun danger, ni pour la mère ni pour le bébé. Ce qui serait dangereux, c’est un arrêt de l’alimentation pendant plusieurs journées consécutives et des boissons pendant plus de 12h.

-Pour les patientes qui ont un diabète gestationnel, un diabète insulino-dépendant ou un diabète de type 2 insuliné, la réponse est beaucoup plus réservée. « Le jeûne est surtout compliqué pour les femmes diabétiques parce qu’on peut être amené à leur demander de contrôler leur glycémie avant et après chaque repas, parfois jusqu’à quatre à six fois par jour, ceci afin d’atteindre des objectifs glycémiques définis. Cela va nous amener à modifier les schémas insuliniques, ce qui peut avoir un impact sur l’équilibre du diabète, continue-t-elle.

-De manière générale, toute femme enceinte qui souhaite suivre un jeûne, qu’il soit intermittent, thérapeutique ou religieux, doit toujours prévenir son obstétricien ou son gynécologue en amont pour être sûre qu’elle ne présente pas de contre-indication au jeûne, qu’elle ne se met pas en danger ou qu’elle ne met pas en danger son bébé. 

Des conseils pour bien jeûner chez la femme enceinte :

Si votre médecin vous a donné son autorisation pour mener à bien le Ramadan, voici quelques conseils pour bien vous alimenter durant le jeûne :

-Le 1er repas (Ftour) : celui de la rupture de jeûne, le soir. Son principe est de pouvoir apaiser les sensations de soif et de faim. Il doit se composer d’aliments sucrés afin de nourrir rapidement l’organisme et récupérer de la journée. Il se compose généralement de dattes, de noix et de boissons chaudes (thé ou café généralement et/ou une chorba), nécessaires pour réhydrater le corps. Il ne faut pas que ce repas soit trop lourd, d’autant qu’il est suivi de près par le dîner, le 2ème repas ; 

-Le 2ème repas, le « dîner », qui se prend 2 ou 3 heures après la rupture de jeûne. Lui non plus ne doit pas être trop lourd puisque les aliments pris lors de ce repas seront stockés, et non pas assimilés par l’organisme. Par ailleurs, s’il est trop lourd, vous n’aurez pas faim au réveil et vous serez tenté de sauter le petit déjeuner, erreur à ne surtout pas commettre. 

-Le 3ème repas, le « Shour » qui précède le jeûne. S’il y a bien un repas à ne pas sauter, c’est celui-ci. En effet, il permet à l’organisme de faire des réserves pour pouvoir y puiser l’énergie dont il a besoin dans la journée. Ici, tout, ou presque, est permis : laitages, céréales, fruits, viandes, féculents, sucres rapides, potages… Veillez surtout à bien hydrater le corps de manière à constituer des réserves en eau. En effet, le risque le plus important est celui de la déshydratation, à absolument éviter.

Tahraoui Abir

Tahraoui Abir

Biologiste l Parasitologie

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